2025 | Glassbox-Sud, Montpellier, FR

« C’est souvent par petits bouts que Myriam Jacob-Allard envisage la mécanique du récit. Par morceaux de gens, de choses et de gestes qui dessinent en creux des contre-narrations de ce qui a été dit et de ce qu’il reste à faire. Des histoires de familles drôles et tristes, des fragments mimés, isolés, répétés ou superposés bref, des bricolages. […]

Les « en cas de cinéma » de Myriam Jacob-Allard sont des reconstitutions d’extraits glanés dans des films de vampires. Ils sont incarnés par les femmes qui composent la famille de l’artiste. Mère, sœur, nièce : autant de protagonistes choisies au sein d’une communauté imposée, autant de menaces pour une structure narrative et symbolique : la famille nucléaire, patriarcale et occidentale, son obsession de l’héritage, son désir mortifère d’éternité. Dans les films de Myriam, il n’y a plus de pères, il n’y a plus d’hommes tout court. Plus de prédateurs ni de proies. L’immortalité devient une question de transmission et non plus de contamination, un projet collectif sur fond noir. 

Et puis il y a le bleu : une vaine tentative d’organiser en lignes de fuites les souvenirs collectés d’une famille de la classe moyenne d’Abitibi-Témiscamingue. Une entreprise à pansements et à facsimilés, un inventaire à bibelots mi absurde, mi glauque, un texte à trou. Ces actions de singer, découper, puis recomposer sont sûrement des maladresses : c’est-à-dire la conscience qu’il est impossible de faire revenir ce qui est parti, c’est à dire aussi la conviction que ça vaut quand même la peine d’essayer.

Annie Ernaux dit que ce qui compte dans l’écriture, la sienne, c’est de « descendre au fond de la réalité, d’atteindre ce réel si difficile à atteindre, redescendre dans le temps, redescendre dans le noir ». Au-delà de la pulsion scopique qu’exerce l’étalage domestique des sculptures animées de Myriam, son travail plastique s’inscrit lui aussi dans un mouvement, un va-et-vient entre ce qui a été et ce qu’il reste. 

Pour toujours et toujours, ça ne veut pas dire grand-chose dans la langue que je partage avec Myriam. C’est une traduction maladroite, ou peut-être un dilemme : celui de faire vivre ou laisser mourir. » — Ugo Ballara

Livret d’exposition

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Collaborateur technique pour les sculptures cinétiques: Orlando Helfer Rabaça
Collaborateur technique pour les prototypes: Peter Fleming · Paul Griffiths

Les immortelles : lip sync : Alice Larouche · Émilie Jacob-Allard · Myriam Jacob-Allard · Claire Jacob. montage son et image : Myriam Jacob- Allard. conseiller au montage : Michel Giroux. image : Simon Plouffe · Myriam Jacob-Allard. effets visuels : Myriam Jacob- Allard · Simon Beaupré · Charles Marchand Geoffroy · Lauzon. animation : Myriam Jacob-Allard. mixage sonore : Bruno Bélanger. étalonnage: Sylvain Cossette.

Pour leur soutien dans la réalisation de ce projet, l’artiste tient à remercier Alice Gervais, Claire Jacob, Émilie Jacob- Allard, Alice Larouche, Simon Plouffe, Denis Allard, Hubert Larouche, Nicholas Larouche, Michel Giroux, Antonia Hernández, Jean-Philippe Thibault, Anne Golden, Monique Moumblow, Joël Morin-Ben Abdallah, Geoffroy Lauzon, China Wood, Bob Wood, France Choinière, Emma Roufs, Peter Fleming, Paul Griffiths, Sebastiaan Verhees, Louison Gallego, Johanna Perez, Marion Lisch, Ugo Ballara et toute l’équipe de Glassbox, le cinéma Utopia, le Künstlerhaus Bethanien, le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec, PRIM.

Crédits photos : Cédrick Eymenier