The broom, the spoon and her shoes

2025 | Künstlerhaus Bethanien, Berlin, DE
« Dans The broom, the spoon and her shoes, Myriam Jacob-Allard tisse des liens culturels, personnels et cinématographiques pour créer une réflexion profonde sur l’héritage matrilinéaire, la métamorphose et l’expérience du temps à travers la vidéo et l’installation. Le diptyque Les immortelles est un collage vidéo en quatre parties combinant des images abstraites et des extraits sonores tirés de films de vampires, qui raconte l’histoire d’une fille mordue par sa mère vampire, symbolisant à la fois l’héritage mélancolique de l’identité et son fardeau émotionnel. Les sculptures cinétiques représentent quant à elles une installation spectrale : une collection disparate d’objets en papier mâché — une main, un balai, un fer à repasser, des bottes de cow-boy — qui effectuent une série de mouvements mécaniques simples. Actionnés par de petits moteurs, ils semblent être les vestiges animés de routines domestiques. Les objets se déplacent, apparemment sans but, dans un espace qui suggère le plan d’un appartement. Les personnes sont absentes ; seules leurs traces subsistent. D’un côté, on voit la disparition du corps, de l’autre, son retour éternel. Dans les deux cas, les propositions ouvrent des réflexions sur la présence et l’absence, la transformation et l’immobilité, le poids des histoires héritées. » — Maximilian Rauschenbach [Traduit de l’allemand]
« Dans son œuvre, le vampirisme devient un contre-récit poétique, une façon d’envisager la continuité à travers la contagion plutôt que la possession. Rejetant la quête de l’immortalité individuelle, elle imagine la survie comme un échange de gestes, d’habitudes et d’histoires entre les générations. Les lignées sont revendiquées comme matrilinéaires, transmises par les mères, les filles, les grands-mères et les nièces. La maternité est explorée comme un seuil transformateur et irréversible, comparable à une morsure, après quoi la perception de soi cède la place à l’émergence du collectif. Cependant, la découverte que cette contamination fonctionne dans les deux sens nous rappelle que le moi individuel s’est moins désintégré qu’il ne s’est révélé être une fiction depuis toujours. » — Eve Rogers, Berlin Art Link [Traduit de l’anglais]
Collaborateur sculptures cinétiques : Orlando Helfer Rabaça
Collaborateur installation : Simon Plouffe
Collaborateur scénographie : Ugo Ballara
Pour leur soutien dans la réalisation de ce projet, l’artiste tient à remercier: Alice Gervais, Claire Jacob, Émilie Jacob-Allard, Alice Larouche, Simon Plouffe, Denis Allard, Hubert Larouche, Nicholas Larouche, Michel Giroux, Antonia Hernández, Jean-Philippe Thibault, Anne Golden, Monique Moumblow, Joël Morin-Ben Abdallah, Geoffroy Lauzon, China Wood, Bob Wood, France Choinière, Emma Roufs, Peter Fleming, li-chen Kuo, Paul Griffiths, PRIM, l’équipe de Künstlerhaus Bethanien, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec.